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June 7, 2018

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L'intimité entre l'oeuvre, l'artiste et l'acheteur

 

CARNAVAL

 

J'ai peins de façon intuitive et spontanée, sans même réfléchir  à l'oeuvre qui est devenue "Carnaval" en janvier de l'an passé. Habituellement, je réfléchie, je pense et j'observe dans ma tête à un sujet avant de jeter un croquis sur papier et ensuite je peins de façon plus émotif,  instinctif et librement. Celle qui me visita à mon atelier en février de l'an passé, est tombée sous le charme de cette oeuvre sans trop faire de réflection au moment de son acquisition! C'est par la suite qu'elle s'est penchée sur sa démarche personnelle de l'acquisition de Carnaval.

 

Je vous laisse le soins de lire sa démarche... 

 

 

Carnaval.

 

J’ignore si vous êtes comme moi, mais j’ai cette curiosité lorsque je vais dans des expositions ou vernissages et que je vois un point rouge ou la mention « vendu » sur le carton explicatif d’une œuvre. Cela déclenche en moi une ribambelle de questions comme celles-ci : « qui donc a acheté cette œuvre? », « pourquoi cette personne l’a-t-elle acheté? », « est-ce un investissement? », « où va-t-elle la mettre? », « qu’est-ce qui lui a plu »?

Cela vous paraît peut-être ridicule, mais je trouve que cela m’aide à comprendre une œuvre. Se mettre dans la psyché de l’acheteur me permet de trouver une nouvelle sensibilité à l’œuvre. C’est comme si l’acheteur, bien qu’il ne soit pas responsable ou impliqué dans une œuvre (à moins d’une commande), forme une union avec l’œuvre : c’est lui qui l’a choisi, pour ses raisons à lui, pour mettre de la vie sur un mur et contempler quelque chose d’un peu magique; un tableau qui vous parle, vous inspire, vous fait réfléchir ou vous rend simplement harmonieux.

Alors, cette fois-ci, je connais une des réponses à mes questions : « qui a acheté Carnaval? » Eh bien, c’est moi! Par contre, j’ignore encore le « pourquoi »... Si on me pose cette question, je répondrai que j’ai acheté cette toile pour les « effets » qu’elle opère en moi.

 

Oui, Carnaval est un grand mystère. Elle me frappe, elle me heurte et me déstabilise, d’autant plus que j’ignore pourquoi elle provoque cette force d’attraction en moi. Lorsque je la mettrai sur mon mur, celui que j’ai choisi, je penserai à un univers carnavalesque, aux symboles, à l’africanité que m’inspire cette toile, et ce, bien que je n’ai jamais mis le pied sur ce continent! C’est le vécu humain, dans sa globalité, dans ses atrocités, que je perçois de cette toile. Penser l’humain à cause de cette toile... Voilà une révélation! Voilà le mystère qui m’a séduite comme dans un enchantement.

Est-ce nécessaire de connaître la cause de cette attraction que cette toile provoque en moi? Non. Je ne pense pas. Par contre, je viens de comprendre qu’il existe un lien — un genre d’intimité — entre l’artiste, l’œuvre et l’acheteur. C’est comme un peu une chanson, ou un film, ou un livre ou une histoire qui, comme on le dit si bien dans le langage courant, « viennent nous chercher ». Mais moi, ce sera tous les jours où je serai à la maison que cette œuvre viendra me questionner, me bouleverser, me sensibiliser.

 

Est-ce que Carnaval provoquera de semblables émotions à mon fils et mon conjoint au même titre que moi? Je l’ignore. Même chose pour mes amis ou invités. À chacun sa sensibilité. Pourquoi elle me plait, elle me parle et me porte à réfléchir sur le vécu humain?

 

Ce qui rend à cette toile davantage de magie, c’est lorsque je questionnais l’artiste sur cette toile : une de ses rares toiles abstraites. Elle me répondait que cette toile s’inscrivait dans une période « dure » de sa vie, une période chargée d’incompréhensions, de rejets et d’abandons. Des faits qui m’auraient été intolérables, mais où l’artiste, comme pris dans un automatisme, ne s’y remettait qu’à sa spatule. Le résultat est stupéfiant. Est- ce donc de ce vécu humain et de ses atrocités dont je vous parlais tout à l’heure qui y sont incarnés et qui me bouleversent et séduisent à la fois. Cette œuvre est-elle le reflet de mes propres blessures, celles qui sont très profondes, mais que je peux enfin partager dans un tout; le vécu humain?

 

Carnaval est beaucoup plus qu’une simple toile.

Je me promets à moi, comme à l’artiste, d’y accorder un grand respect et de faire encadrer cette toile pour la rendre encore plus prestigieuse!

 

À suivre! Véronique 

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